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AI Act, 2 août 2026 : ce qui s'applique vraiment ce jour-là

Ce qui bascule vraiment le 2 août 2026 pour l'AI Act, ce qui s'applique déjà depuis 2025 sans qu'on l'ait remarqué, et ce que change le Digital Omnibus.

Par · 28 juillet 2026 · dernière vérification le 27 juillet 2026

6 min de lecture

Illustration éditoriale abstraite d'un calendrier ouvert sur une page corail vierge, posé dans une lumière chaude de fin d'été, sans date lisible

La date approche. Vous n'avez rien ouvert, rien envoyé, rien signé, et une bonne partie de ce qui circule depuis des mois sur le 2 août 2026 est inexacte. Reste une question simple, et beaucoup plus utile que le compte à rebours : qu'est-ce qui s'appliquera réellement ce jour-là à une entreprise qui n'a rien fait, et qu'est-ce qui s'applique déjà sans que personne l'ait remarqué ?

Ce que la plupart des articles sur le 2 août racontent de travers

Beaucoup de contenus publiés ces derniers mois présentent le 2 août 2026 comme le jour où « les autorités nationales entrent en application ». La formule se lit sur des dizaines de pages. Elle est fausse.

Ce que le 2 août 2026 fait réellement, c'est plus étroit et, pour une entreprise qui n'a rien engagé, plus concret : c'est la date à partir de laquelle les autorités déjà en place commenceront à exercer leurs pouvoirs de surveillance du marché sur le terrain, y compris sur l'article 4 relatif à la maîtrise de l'IA. La Commission européenne l'écrit sans ambiguïté dans ses questions-réponses sur la maîtrise de l'IA.

National market surveillance authorities could impose penalties and other enforcement measures to sanction infringements of Article 4, and will start supervising and enforcing the rules as of 2 August 2026.

Commission européenne, questions-réponses sur la maîtrise de l'IA

Autrement dit : les autorités ne naissent pas ce jour-là, elles se mettent en mouvement.

Ce qui bascule vraiment, ordonné dans le temps

2 février 2025Article 4 applicable (maîtrise de l'IA, pratiques interdites)Règlement 2024/1689, article 113
2 août 2025Gouvernance, autorités nationales et régime de sanctionsRèglement 2024/1689, article 113
2 août 2026Surveillance du marché, transparence, amendes GPAIRèglement 2024/1689, article 113 ; Q&R Commission
Non publié au 24/07/2026Statut du Digital Omnibus au Journal officielOEIL, procédure 2025/0359(COD)

Le 2 août 2026 rassemble en réalité trois choses distinctes, et les confondre entretient l'idée d'une rupture brutale là où il y a surtout une continuité. D'abord, l'applicabilité générale du règlement pour tout ce qui n'était pas déjà couvert : chapitre IV sur la transparence, chapitre VI, chapitre VIII sur la base de données de l'Union, chapitre IX sur la surveillance après commercialisation. Ensuite, l'entrée en application de l'article 101, qui donne à la Commission le pouvoir d'infliger elle-même des amendes aux fournisseurs de modèles d'IA à usage général. Enfin, le déclenchement effectif des contrôles sur l'article 4, celui qui concerne le plus directement une PME qui n'a acheté que des licences ChatGPT ou Copilot.

Pour resituer ce calendrier dans son ensemble, y compris la question de qui est concerné selon son rôle, l'exposition est particulièrement nette côté RH dès qu'un outil trie des candidatures ou évalue des salariés.

L'article 50, la vraie nouveauté du jour pour beaucoup d'entreprises

Le point que la plupart des synthèses laissent de côté, c'est que l'article 50 n'a rien d'un report. Ses obligations de transparence, informer qu'on échange avec une IA, marquer un contenu généré, signaler un hypertrucage, deviennent pleinement applicables le 2 août 2026, sans condition suspensive.

Le train de mesures omnibus numérique sur l'IA touche bien ce terrain, mais dans un sens différent de ce qu'on lit souvent. Il réécrit le paragraphe 7 de l'article 50 et accorde, pour les systèmes génératifs déjà sur le marché avant le 2 août 2026, un délai jusqu'au 2 décembre 2026 pour le marquage lisible par machine des contenus. Ce texte est publié et en vigueur, nous y venons juste après. Nous détaillons son contenu complet dans notre article sur le Digital Omnibus.

Le point que les articles écrits avant le 24 juillet ne peuvent pas contenir

Pendant des semaines, tout le monde a écrit au conditionnel sur le Digital Omnibus, faute de savoir s'il serait publié avant l'échéance. La question est tranchée depuis le 24 juillet 2026, et la réponse change plusieurs lignes du calendrier.

Le règlement de 2024 fixait l'applicabilité du chapitre III, sections 1 à 3, celui des systèmes à haut risque, à la même date générale du 2 août 2026. Le Digital Omnibus reporte ces obligations au 2 décembre 2027 pour l'annexe III et au 2 août 2028 pour l'annexe I. Ce report n'est plus une hypothèse, il est en vigueur.

Pour la quasi-totalité des TPE et des PME qui n'ont déployé aucun outil de recrutement automatisé ou de notation de salariés, ce point reste théorique. Il devient concret pour toute entreprise qui utilise un système classé à l'annexe III, et c'est une bonne raison de vérifier son propre inventaire avant de se fier à la date qui circule.

Vous n'avez rien fait : ce qui compte plus que la date

Trois choses qui comptent plus que le calendrier

  1. Savoir de quel côté vous êtes

    L'écrasante majorité des TPE et des PME sont déployeuses, pas fournisseuses, dès qu'elles utilisent un outil d'IA sans le remettre sur le marché sous leur nom. Le rôle détermine tout le reste des obligations.

  2. Vérifier l'article 4, sans attendre un contrôle

    L'obligation de prendre des mesures sur la maîtrise de l'IA est en vigueur depuis le 2 février 2025 et n'a jamais été suspendue. Depuis le 27 juillet 2026, sa rédaction est assouplie : il s'agit de favoriser le développement de la maîtrise de l'IA, sans avoir à garantir un niveau spécifique par personne.

  3. Garder une trace, pas un certificat

    La Commission européenne l'écrit noir sur blanc : aucun certificat n'est requis, une organisation peut se contenter d'une trace interne de ses formations. C'est ce document, daté et nominatif, qui se présente en cas de contrôle.

C'est là que se joue la vraie différence entre une entreprise qui laissera passer la date sans y penser et une autre qui l'aura anticipée. Aucune sanction n'est rétroactive, et former une équipe aujourd'hui vaudra exactement ce que ça vaudra le 3 août. Ce que doit contenir une trace utilisable, plan daté, attestations nominatives, logique de proportionnalité assumée, est détaillé dans notre modèle de charte IA d'entreprise et dans notre article sur l'attestation de formation comme preuve de conformité.

Sur la question du rôle et des cas limites, association, freelance, entreprise qui n'utilise qu'un seul outil grand public, le test complet est dans notre article sur qui est concerné par l'AI Act. La page de référence sur l'AI Act reprend le texte et le calendrier dans leur ensemble, et la console d'équipe Aiffut est construite pour produire cette trace sans détour par un audit.

Et l'autorité française, dans tout ça

Le schéma envisagé par le Gouvernement confierait la coordination à la DGCCRF, aux côtés de la CNIL, de l'Arcom et d'une quinzaine d'autorités sectorielles. Au 24 juillet 2026, aucune loi de désignation n'était promulguée, le véhicule législatif étant encore en première lecture à l'Assemblée nationale après son adoption par le Sénat le 18 février. Cette situation ne suspend rien de ce qui précède : le règlement européen s'applique indépendamment de l'état d'avancement du droit national qui organise son contrôle. Le détail de ce montage est dans notre article sur les sanctions et leurs vrais montants.

Questions fréquentes

Les autorités nationales de l'AI Act naissent-elles le 2 août 2026 ?

Non. Le chapitre VII du règlement (UE) 2024/1689, qui organise la gouvernance et la désignation des autorités compétentes, est applicable depuis le 2 août 2025. Ce qui commence le 2 août 2026, c'est l'exercice effectif de leurs pouvoirs de surveillance du marché, notamment sur l'article 4.

Si je n'ai encore rien fait, serai-je en infraction le 2 août ?

L'obligation de l'article 4 existe depuis le 2 février 2025, indépendamment de la date du 2 août 2026. Aucune sanction n'est rétroactive : commencer une action de formation aujourd'hui reste la démarche pertinente, et c'est justement ce que les autorités s'attendront à pouvoir vérifier.

Le Digital Omnibus a-t-il changé la date du 2 août 2026 ?

Non pour l'applicabilité générale du règlement, qui reste inchangée. Le règlement (UE) 2026/1744, publié au Journal officiel le 24 juillet 2026 et en vigueur depuis le 27 juillet, reporte les systèmes à haut risque de l'annexe III au 2 décembre 2027 et ceux de l'annexe I au 2 août 2028, et accorde un délai jusqu'au 2 décembre 2026 pour le marquage prévu à l'article 50, paragraphe 2, des systèmes déjà sur le marché.

Le compte à rebours est le point le moins intéressant du texte. Ce qui compte, c'est une obligation qui n'a pas bougé depuis février 2025, des autorités qui vont commencer à regarder de près, et une trace à constituer qui coûte moins cher qu'un contrôle sans rien à montrer.

Dernière vérification le 27 juillet 2026, contre le texte authentique du règlement (UE) 2024/1689, le texte du règlement (UE) 2026/1744 tel que publié au Journal officiel de l'Union européenne du 24 juillet 2026, et les questions-réponses de la Commission européenne sur la maîtrise de l'IA.